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Nouvelle érotique

Ce que femme veut…

Elle voulait de la bite, elle allait en avoir !

par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « Ce que femme veut », Nouvelle érotique, Paris, mars 2019.


Ce que femme veut

Au printemps 1992, j’allais sur les trente quatre ans et je sortais à peine d’un amour difficile avec une jeune Allemande. Pour solder complètement mon chagrin, j’aspirais maintenant à des relations plus légères. Aussi m’étais-je inscrit dans un petit club de rencontres, une de ces agences au statut incertain qui poussaient comme des champignons dans le centre-ville. C’est ainsi qu’un mois plus tard, par les bonnes grâces de sa directrice — une redoutable femme d’affaires qui avait des vues sur moi mais je ne le savais pas encore —, je me retrouvai président de cette nouvelle structure, à cheval sur le marché du loisir et celui de la rencontre amoureuse. Ainsi, j’avais libre accès à un fichier de deux cents adhérents — pour la plupart des femmes — avec, pour seule contrepartie, ma participation à deux repas dansants par mois. Danseur mondain, pourquoi pas ? Je m’acquittais tant bien que mal de cette obligation sous forme de slows, de cha-cha-cha et de paso-doble avec des dames d’un certain âge. Et quoiqu’elles étaient tout aussi esseulées que moi, le désir ne circulait, hélas, que d’un seul côté.

J’attendais donc, avec une impatience accrue, l’occasion de renouer avec les plaisirs de la chair quand ma chère directrice vint à me parler d’une nouvelle adhérente, une certaine Michèle. À l’entendre, c’était une femme jeune et très sexy, vendeuse de lingerie féminine de son état et — détail non négligeable — très portée sur la bagatelle. Tout pour me plaire, en somme.

« Elle cherche un homme qui assure. Je lui ai donné ton numéro personnel. Elle va t’appeler bientôt. J’espère que tu t’amuseras avec elle. »

Je n’eus pas longtemps à attendre le coup de fil de Michèle. Deux ou trois soirs plus tard, alors que j’étais plongé dans une lecture studieuse, la sonnerie du téléphone, près de moi, résonna, c’était bien elle :
- Bonsoir. Vous êtes Jacques ? Je suis Michèle. C’est Nadine qui m’a donné votre numéro. Je ne vous dérange pas, j’espère ?
- Pas du tout, Michèle. J’attendais votre appel.
- Dites Jacques, vous aimez les blondes ?
- En ce domaine je n’ai pas d’à-priori. D’ailleurs ma dernière copine était blonde. Vous pouvez vous décrire un peu, Michèle ?
- J’ai trente six ans et suis mariée. On dit de moi que je suis très féminine. J’aime beaucoup les sous-vêtements sexys. Vous savez, je tiens une boutique de lingerie.
- Oui, Nadine me l’a dit. Tout cela me plait beaucoup.
- Toi, tu dois être très coquin. Au fait, vous permettez que je vous tutoie ?
- Bien sûr, Michèle.
- Et tu aimes faire l’amour ?
- Beaucoup.
- Parce que moi je suis très sensuelle. J’aime qu’on me caresse longuement et qu’on me lèche le minou avant d’être prise…

Sa voix traînante aux accents rauques produisait déjà un effet sensible sur ma queue. Une vraie charmeuse de serpents.

- Pas de problème. Et quand pourrait-on se voir, Michèle ?
- Bientôt. Mais il faut que je connaisse le planning de mon mari. Je sais qu’il doit partir quelques jours pour ses affaires. Je te rappelle très vite.

Cette conversation m’avait mis dans un état fébrile. L’époque était au minitel et au téléphone roses — il y avait d’ailleurs une officine de ce genre près de chez moi. Leurs publicités, toutes plus suggestives les unes que les autres, s’étalaient sur tous les panneaux d’affichage. Avec Michèle, il venait de faire irruption dans ma vie sans 36 15 ni surcoût insidieux dans mes factures téléphoniques. J’imaginais déjà son corps se tordant de plaisir sous le mien. C’était le type de relation dont j’avais momentanément besoin. Pas de sentiment, pas de poésie : rien que le contact de deux épidermes. De la salive, du sperme et du mucus. Ah ! Elle voulait de la bite, elle allait en avoir ! Michèle s’était pourtant bien gardée de me donner son numéro. C’était compréhensible, eu égard à sa situation de femme mariée. Ainsi, j’étais dépendant de ses poussées hormonales. Et l’attente de sa voix conditionnait mes soirées solitaires.

Ce petit jeu s’étira sur une dizaine de jours. Michèle m’appelait autour de 22h, commençait par me parler de ses soucis de femme mariée puis enchaînait sur ses fantasmes, la description précise de sa chatte, du doigt qu’elle s’introduisait pendant que je lui parlais de ma bite tendue vers elle. Nous prenions ainsi un acompte orgastique sur l’explosion de plaisir qui marquerait, c’était certain, notre rencontre si attendue. Quand, un jeudi soir, elle me dit enfin qu’elle aurait son samedi après-midi tout à elle. Cette perspective m’enchantait ; il ne nous restait plus qu’à fixer l’heure et le lieu de notre rendez-vous. Je luis fis quelques propositions de cafés avec terrasse où nous pourrions nous retrouver. Un bémol, cependant : elle me le confirmerait, pour plus de sûreté, le samedi matin vers 11 heures.

C’est aussi ce matin-là que Nadine m’appela en catastrophe :

- Jacques, il faut que tu me dépannes. Je dois aller faire une estimation immobilière et je ne pourrai pas être au bureau ce matin. Or, j’ai donné rendez-vous à une nouvelle adhérente, une prof, une fille très bien, tu verras.
- Et c’est à quelle heure ?
- Entre 11h et 11h30. C’est le seul jour où elle est disponible. Je ne peux pas le reporter. Sinon je la perds.
- Mais moi-même j’attends un coup de fil important à 11h. Tu ne peux pas repousser sa venue à midi ?
- Non. Ce n’est pas possible. Elle habite à cent kilomètres d’ici. Elle doit être déjà en route. Il faut que tu viennes. Je te revaudrai ce service.
- Vraiment, ça m’emmerde. Moi aussi j’ai une vie personnelle.
- Je te rappelle que tu es le président du club. Je dois pouvoir compter sur toi.

Et, de fil en aiguille, je finis par céder à ses arguments. Vers 10h50, je quittai à contrecœur mon domicile vers l’agence. Jusqu’au bout j’avais espéré que Michèle m’appelle un peu avant 11h, mais en vain. Si au moins j’avais eu un répondeur, j’aurais peut-être pu rattraper le coup. Tandis que là, je me sentais floué de ma récompense charnelle, ce qui était tout de même le but de ce partenariat passé avec Nadine. Je n’étais d’ailleurs pas au bout de mes surprises, car cette fille si bien dont elle m’avait vanté la ponctualité ne vint jamais dans le petit bureau où je l’attendais, l’œil rivé sur ma montre, en pensant à ma belle nymphomane. Elle avait dû se perdre entre Arles et Marseille. Il y a des jours comme ça où tout va de travers…

La semaine suivante, je fis part en maugréant de ce gâchis à Nadine. J’en profitais pour lui demander si elle avait des nouvelles de Michèle :
- Elle m’a téléphoné samedi en début d’après-midi, déçue de ne pas t’avoir eu au téléphone. Je lui ai expliqué que tu étais au bureau pour une urgence. Comme elle voulait absolument un homme, j’ai fini par lui donner le téléphone d’un nouvel adhérent, un gars d’une quarantaine d’années, pas très beau mais sympa.
- Et alors ?
- Le soir, elle m’a rappelé pour me remercier.
- Et elle t’a donné ses impressions ?
- Même pas. Elle a dit simplement qu’il était bien monté.



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