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Nouvelle érotique

Mon amour, mon violeur...

En marge du tribunal d’assise

par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « Mon amour, mon violeur... », Nouvelle érotique, Paris, juin 2019.


Mon amour, mon violeur…

À peine avaient-ils quitté le restaurant où ils étaient allés dîner, que Philippe embrassa fougueusement Nathalie. La pluie venait tout juste de cesser et le trottoir, sous la lueur des réverbères, semblait parsemé de flaques argentées. Toute la soirée, leurs doigts s’étaient recherchés sur la table, entre leurs deux assiettes, ne se détachant que pour faire honneur au menu — d’ailleurs succulent. Entre eux l’attraction n’avait fait que croître depuis qu’ils avaient échangé leurs premières impressions en marge du tribunal d’assise où se déroulait le procès. Le hasard, en effet, les avait désignés comme jurés dans une sordide affaire de viol et de meurtre. L’accusé, un homme de cinquante ans sur lequel ils devaient se prononcer, n’en était pas à son coup d’essai. Une bonne dizaine d’affaires de mœurs jalonnaient son itinéraire existentiel depuis l’âge de vingt-cinq ans. Mais cette fois, il avait égorgée la jeune fille qu’il avait d’abord enlevée et violée à plusieurs reprises. Pour que les jurés se fassent une idée plus précise des faits, le juge leur avait remis des photos prises sur la scène du crime. Certaines, qui montraient la victime ensanglantée sur son lit de mort, étaient d’une cruauté quasi insoutenable, surtout pour une femme aussi sensible que Nathalie. Et quoique le procédé fut tendancieux, pour elle et les autres jurés la monstruosité de l’accusé ne faisait pas de doute. Au vu des chefs d’inculpation et du passé de l’assassin, il ne pouvait y avoir d’autre peine pour lui que la réclusion à perpétuité. Restait à définir la période de sûreté qui l’accompagnerait.

Néanmoins, ces questions étaient trop graves pour que Nathalie puisse les aborder avec tranquillité. Elles impliquaient de chacun sa responsabilité la plus totale. Au début, elle avait songé à refuser le redoutable privilège que lui avait octroyé la justice républicaine. Et c’est la perspective d’une amende élevée qui le lui avait fait finalement accepter. Devenue très tôt institutrice, son univers avait toujours été celui de l’éducation et de l’enfance. Elle ne pouvait pas comprendre que des êtres humains puissent lâcher la bride à leurs pulsions les plus destructrices. Père divorcé de quarante cinq ans et patron d’une petite entreprise, Philippe nourrissait moins d’illusions qu’elle sur la nature humaine. Rapidement, il avait constaté les réticences de sa collègue et l’avait convaincue d’aller jusqu’au bout de sa mission. C’est ainsi qu’il s’était rapproché d’elle et l’avait, sans trop de peine, invitée à poursuivre leurs discussions dans un café. À ce premier aparté en marge du procès avait succédé un second puis un troisième. Il aimait la douceur et la féminité qui émanaient de cette trentenaire sans grand passé amoureux et toujours célibataire. Elle appréciait son caractère rationnel et fonceur. De là à ce que leurs bouches s’unissent, il n’y avait qu’un petit pas supplémentaire. Il fut franchi dix jours après leurs premiers échanges en tête à tête. Maintenant, elle le sentait bien, Philippe voulait aller plus loin. Il la désirait et le lui disait ouvertement :
- On pourrait aller chez moi ? C’est à dix minutes d’ici en voiture. Mon fils va chez sa mère, ce week-end. J’ai un grand appartement, tu verras. Je te ferai un nid d’amour rien que pour toi. 
- C’est une proposition très agréable à entendre. Moi aussi, j’ai envie d’aller plus loin avec toi. Mais le procès n’est pas terminé. Cette affaire me trouble, tu le sais. Je préfèrerais que nous franchissions cette étape une fois le jugement prononcé.
- Pourquoi attendre un jugement qui est joué d’avance ? La juge a déjà pris sa décision, je le sais. Sa détermination sera sans faille. Moi-même, je ne doute pas un instant que ce type soit un parfait salopard. Toute sa vie, il n’a vu dans les femmes que des objets sexuels. C’est pour ça que…
-  Je sais, Philippe, que tu as raison. Mais ça me pose quand même un problème moral.
- Écoute ma chérie, je te propose de venir ce soir, juste pour te familiariser avec mon cadre de vie. Et si tu ne veux pas que nous fassions l’amour, nous ne le ferons pas. Je t’attendrai. Je veux que tu te sentes bien et que tu sois parfaitement décidée. 
- Dans ce cas… Mais c’est promis, tu respecteras ma décision ?
- Je te le promets, ma chère, ma douce Nathalie.

Moins d’un quart d’heure après, la voiture de Philippe avait rejoint le garage d’une coquette résidence, dans la périphérie urbaine. Nathalie, qui vivait dans un petit appartement rempli de livres et de photos, fut agréablement surprise en découvrant le vaste appartement de son ami. Philippe ne lui avait pas menti : il y avait là de la place pour deux, et même pour trois si elle en jugeait par le maillot numéroté de football et la casquette juvénile accrochés à la patère. Le reste du décor était froid et moderne : pas de vieux meuble en bois ni livre en attente de rangement.

Aussitôt Philippe lui proposa de se détendre sur le canapé pendant qu’il lui préparait une boisson :
- Tu veux un brandy ou un coca ?
- Un coca. Je ne supporte pas l’alcool après dix heures du soir.

Il apporta deux verres qu’il déposa sur la table basse et vint s’assoir tout près d’elle. De nouveau leurs bouches s’unirent passionnément.
- Alors, comment trouves-tu mon appartement ? Tu te sens bien ici, avec moi ?
- Oh oui ! Tu as du goût pour la décoration. Et quel espace !
- C’est un 120 M2.
- Moi qui vis seulement dans 40 M2, ça change…
- Eh bien sache que tu as maintenant une deuxième maison, ma chérie. Si tu savais comme tu me plais, comme je te désire en cet instant…

Joignant le geste à la parole, il lui passa prestement une main sous la jupe, pour caresser son entrecuisse.
- Moi aussi, Philippe. Mais, s’il te plait, ne sois pas si pressé.
- Je sais, je sais. C’est vrai que je t’ai promis de m’adapter à ton rythme. Mais, franchement, au point où nous en sommes, tu ne trouves pas que c’est un peu bête ?
- C’est vrai que j’ai envie de toi. Exactement depuis cet après-midi où nous sommes allés prendre un thé dans ce bar à colonnes, en face du palais de justice. C’est là que tu m’as dit combien la solitude te pesait quand tu rentrais à la maison. Et que ton fils, comme ce soir, dormait chez sa mère. Seulement il y a cet homme entre nous. Cet homme que nous devons juger.
- Ce monstre, tu veux dire. Un violeur et un assassin. Puisque je t’ai dit que son compte est bon. Il finira ses jours en prison.

Elle soupira, la tête contre son épaule, sans cesser de retenir sa main. Elle ne sentait pas prête pour s’abandonner sans réserve à ses caresses. Et pourtant, elle savait qu’il avait raison ; que ce procès n’était pas un bon prétexte pour retarder la fusion de leurs épidermes. Elle voulait lui faire plaisir pour ne pas briser la magie du moment.
- D’accord Philippe. Je me sens prête maintenant. Si on allait dans ta chambre ?

À ces mots, les yeux de Philippe s’écarquillèrent :
- C’est vrai, Nathalie ? Tu veux avec moi, cette nuit ?
- Puisque je te le dis.

Philippe s’extirpa alors du canapé, si confortable, et prit Nathalie par la main. Mais le chemin du salon vers la chambre était encore trop long pour lui et, sitôt debout, il embrassa fougueusement son amoureuse, caressant les petits seins de Nathalie qui pointaient sous le chemisier, empoignant ses fesses charnues pour mieux l’attirer contre lui. En un tournemain, leurs vêtements roulèrent à terre. Bientôt, ils furent nus l’un contre l’autre sur le vaste lit de Philippe. Nathalie exulta :
- Oh oui, mon chéri, je brûle. Je veux te sentir en moi. Prend moi sauvagement. Mon amour, mon violeur...



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